Association Arc-en-ciel : Rue du Bugnon 5, CH-1020 Renens - Tél. 021 634 77 00/56 - Fax 021 634 77 50 - Mail info@aecsida.ch
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histoire d'une association - les mots de la fondatrice
J'ai travaillé toute ma vie dans la mode et à côté de mon travail, j'accompagnais des grands malades en fin de vie. Je m'étais rendu compte de leurs difficultés ainsi que de l'isolement de ces personnes. Le joint de départ de l'Arc-en-Ciel a été ma prise de conscience des grands malades seuls à leur domicile et parfois sans famille. J'ai décidé de faire quelque chose pour eux et j'ai mobilisé des amis autour de moi qui ont été partant pour ce challenge. J'ai arrêté mon travail et nous avons décidé d'utiliser les locaux de mon agence de mode : 200m3 à Ecublens pour y faire un centre d'accueil et des ateliers d'animations. Les débuts furent extrêmement difficiles : nous n'avions pas d'argent, seulement notre bonne volonté et notre rêve. L'Arc-en-Ciel a toujours été un miracle permanent de foi. Lorsque nous avions besoin de 3'000.-, ils étaient là, de 10'000.- ils apparaissaient comme par magie jusqu'à ce jour et toujours au dernier moment, juste avant la catastrophe. Nous désirions créer un lien familial pour les grands malades, seuls chez eux, un lien d'amour et de soutien ; nous avons réussi ! Nous voulions apporter un accueil chaleureux ou chacun se sente important, aimé et accepté comme tel. L'écoute bienveillante est un baume au cœur pour les personnes qui souffrent. Au départ, nous avions fait des ateliers et de l'écoute mais nous nous sommes très vite rendu compte que certains malades avaient peu à manger ou se nourrissaient très mal. Nous avons alors décidé de confectionner un repas équilibré tous les jeudis. La tâche ne fut pas des plus simple. En effet, les locaux n'étant pas aménagés pour préparer des repas. Nous devions, par exemple, aller chercher l'eau dans les couloirs aux toilettes, faire chauffer l'eau pour la vaisselle etc... bref, c'était complètement rudimentaire. Nous avions beaucoup de familles avec enfants et afin de soulager les mères épuisées, nous avons proposé de prendre les enfants à midi le mercredi et de créer une pièce de théâtre. Par la suite, nous avons étendu nos activités à l'extérieur et ceci pour la plus grande joie des enfants. Certains de nos enfants vivent des situations de famille où tout est si difficile qu'une activité à l'extérieur est la meilleure des thérapies. La trithérapie a été comme un nouveau souffle : l'espoir a succédé à la peur, les projets ont été à nouveau à l'ordre du jour. Les personnes à qui l'on donnait quelques mois de vie sont toujours présentes avec nous aujourd'hui. Depuis les trithérapies, les décès de l'association sont passés à 3 par année, mais malgré les médicaments, nous avons aujourd'hui toujours plus de malades qui fréquentent notre centre. Ils nous sont envoyés par Médecine 2 au Chuv pour la plupart ou par le bouche à oreille. Les locaux d'Ecublens, après 5 ans n'étaient plus adaptés à nos besoins. Il nous fallait impérativement une cuisine ainsi qu'une pièce aménagée pour les enfants, car ils faisaient trop de bruit dans ce local commercial. Mais personne ne voulait nous louer un appartement ou une maison pour le Sida. Un mois avant de quitter les locaux d'Ecublens qui étaient reloué, le Relais a accepter de nous louer une maison à Renens pour trois mois, et là comme toujours nos prières ont été exaucées. La foi nous avait sauvés. A côté d'où nous étions, une maison était à vendre et en même temps, un de nos malades nous a légué une petite maison à l'avenue de Morges, qui nous a permis de constituer un fond propre pour acheter notre maison actuelle. Pendant ces 8 années, il nous a fallut lutter de toutes nos forces afin de trouver les fonds pour survivre. La recherche de fonds est une lutte quotidienne, avec le journal, les mailings, les conférences, les repas de soutien, nous n'avons jamais assez d'argent pour boucler les fins de mois de l'été. Arriver à ce résultat n'a pas été facile. Pendant toutes ces années, il nous a fallut gérer les innombrables difficultés sans baisser les bras ou se décourager. Il nous a fallut apprendre à faire vivre ensemble tous ce petit monde et ménager toutes les susceptibilités dans les larmes, les pleurs, les colères et les rires.